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Vue de Washington D.C, capitale des États-Unis et front avancé de la lutte opposant McCain à Obama pour les présidentielles de novembre, la campagne électorale à quelque chose d’excitant.
Washington, ville majoritairement noire dont le Maire, Adrian Fenty, est métisse semble engagée corps et âme aux cotés du candidat démocrate. Les étudiants de Georgetown et George Washington University arborent un fier « Change » sur leurs tee-shirts trop larges, les cadres épinglent un discret « Barack O8 » sur leurs vestes et les journaux locaux ne cessent de spéculer sur le ticket Président-Vice président que proposera le parti de l’Âne dans quelques semaines à Denver.
Barack Obama a sûrement gagne la bataille médiatique : même les SDF - par essence exclus du système et en marge de la société – sont vêtus du tee-shirt de campagne du candidat démocrate. Tout un symbole !
Pour certains observateurs, le rêve du révérend Luther King prend forme. Quarante ans après la ségrégation, le Klu Klux Klan, Plessis vs Ferguson, les Jim Crow laws, Rosa Parks et Malcolm X, l’Amérique pourrait élire a sa tête un métisse. Pour beaucoup dans la communauté noire cela sonne comme une revanche sur le passé et l’espoir d’un avenir meilleur. C’est surtout une reconnaissance de leur immense apport à la culture américaine à l’heure ou les Latinos, nouvelle super-minorité dépassant désormais les Afro-Américains par le nombre s’affirment de plus en plus.
A Washington, on se prend a rêver. Même si l’on n’efface pas d’un revers de la main un passé d’esclavage et de ségrégation, les États-Unis semblent de plus en plus s’approcher d’un modèle post-racial inédit : les communautés se côtoient bien plus que par le passé et l’émergence récente d’une bourgeoisie noire a modifié en profondeur la perception des rapports ethniques aux USA. Les chiffres témoignent de cette avancée. Dans le New-York Times, Janny Scott indiquait le nombre de 10 000 élus noirs aux Etats-Unis.
En abordant la question des rapports entre Noirs et Blancs lors de son discours de Philadelphie il y a quelques mois, Barack Obama avait mis les pieds dans le plat. C’est d’ailleurs une constante dans une société américaine qui se remet perpétuellement en question. Le discours de Philadelphie restera dans l’Histoire ; il pose en effet des questions fondamentales, de celles sur le pêché originel des Founding Fathers concernant l’esclavage a la volonté retrouvée de construire ensemble l’Amérique de demain. Obama a le mérite de plaire aux Blancs et d’être perçu par les Afro-Américains comme un porte-parole ; c’est l’avantage de son métissage.
Pour autant, Barack Obama connait parfois des difficultés. Lors d’un meeting en Floride, le candidat démocrate a ainsi été interrompu par trois jeunes hommes qui déployaient une pancarte. On pouvait y lire : « Que fais-tu pour la communauté noire Obama? ». Certains voient en lui un candidat trop lisse mais ils sont une très faible minorité. Un récent sondage indiquant les intentions de votes des Noirs américains montrait en effet que 89% des suffrages de la communauté se tourneraient vers Barack Obama.
Les récentes défections dans les effectifs des lobbies et organisations de défense des droits civiques ne tiennent donc pas du mystère pas plus qu’elles ne traduisent un manque d’implication politique des jeunes générations. Elles s’expliquent surtout par l’émergence de Barack Obama comme leader concerné par le destin Afro-Américain.
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