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Guerre en ossétie du sud et georgie: les défenseurs des droits de l'homme russe réagissent...

______________________________ Sergueï Kovalev ______________________________

président de l’organisation russe « Mémorial », président de la Fondation Andreï Sakharov.

Le 8 août, la Russie est entrée en guerre contre la Géorgie, sous prétexte de « protéger les citoyens russes » de la république autoproclamée d’Ossétie du Sud. Selon les médias russes, les avions russes ont bombardé Gori. Les officiels géorgiens ont également déclaré que les avions russes ont bombardé Poti, Senaki et Tskhinvali. Les médias russes ont affirmé que les troupes aéroportées russes ont envahi Tskhinvali.

Le 8 août au soir, lors de la session du Conseil de sécurité de l’ONU, le représentant de la Russie à l’ONU, Vitali Tchourkine, a ouvertement reconnu les bombardements russes sur le territoire géorgien.
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REVUE LE MEILLEUR DES MONDES SERGUEI KOVALEV REAGIT SUR LA SITUATION en Ossétie du Sud et en Georgie exclu MDMA la veille du début de l’agression, la Russie a renforcé sa guerre de propagande contre la Géorgie. Les médias pro-Kremlin annonçaient uniquement les actions militaires géorgiennes dans la zone du conflit géorgien-ossète, passant sous silence les tirs contre des villages géorgiens effectués par les formations armées du régime d’Edouard Kokoïty. Les sites Internet des autorités géorgiennes et de la chaîne de télévision « Roustavi-2 » ont été paralysés et mis hors service.

Le 8 août, l’organisation internationale « Mémorial » a condamné l’entrée des troupes géorgiennes à Tskhinvali, que le gouvernement géorgien avait présentée comme « des mesures constitutionnelles pour le rétablissement de la paix et de l’ordre juridique ». Mais quels que soient les événements survenant en Géorgie, la Russie n’a aucun droit d’utiliser ses forces armées sur un territoire étranger. Le statut des forces de la paix russes présentes en Géorgie avait été défini par des accords intergouvernementaux. Cependant, la Russie avait perdu le droit moral de contribuer au maintien de la paix en Abkhazie et en Ossétie du Sud lorsque, en contournant les autorités de la Géorgie souveraine, elle s’était ouvertement rapprochée des organes du pouvoir de ces entités autoproclamées. Aujourd’hui, ayant introduit des unités aéroportées en Géorgie, en bombardant son territoire, y compris en dehors de l’ancienne région autonome d’Ossétie du Sud, la Russie est simplement devenue une partie du conflit armé.

Le président de la Russie Medvedev a proclamé qu’il avait « l’obligation de défendre la vie et la dignité des citoyens russes où qu’ils vivent ». Cependant, la résolution de l’assemblée générale de l’ONU du 14.12.1974, « Définition de l’agression », souligne : « Aucune considération d'ordre politique, militaire, économique ou autre ne pourra servir d'excuse ou de justification à l'agression ». Il est fort à propos de rappeler qu’en 1938, l’Allemagne nazie avait motivé l’occupation de la région des Sudètes appartenant à la Tchécoslovaquie par la défense des intérêts des Allemands qui y habitaient.

L’expérience historique montre que l’ingérence de notre pays dans les affaires des autres provoque inévitablement ‑ malgré l’affirmation qu’il s’agit d’« aide » ‑ des malheurs incalculables.

En 1979, le gouvernement de l’Union Soviétique a envoyé des troupes en Afghanistan, pays souverain, sous prétexte de lui fournir une « aide fraternelle », mais les militaires soviétiques ont tué des centaines de milliers d’Afghans. Aujourd’hui, le groupe de tchékistes-fonctionnaires qui gouverne la Russie – héritier de la direction soviétique – a commis une agression contre la Géorgie, pays souverain.

L’invasion de l’Afghanistan a provoqué une vague de violence de très grande ampleur et la violation massive des droits de ses citoyens ; aujourd’hui encore, ce pays est périodiquement secoué de guerres. Le développement historique de l’Afghanistan est reparti en arrière : d’un pays laïque, il est devenu un pays théocratique. Les actions de la direction soviétique ont provoqué une forte croissance de la popularité du fondamentalisme islamique non seulement en Afghanistan, mais aussi au Pakistan et dans les pays arabes (comme l’a illustré l’alliance entre les Talibans et Al-Qaïda).

Si la communauté internationale n’arrête pas l’agression russe et si la Géorgie, en appliquant son droit légitime à l’autodéfense, ne peut la repousser, la Russie est capable d’occuper non seulement l’ancienne région autonome de l’Ossétie du Sud, mais aussi d’autres parties de la Géorgie. Or de nombreux hommes politiques russes irresponsables brandissent régulièrement des prétentions russes sur la Crimée…

Nous exigeons l’arrêt immédiat de l’agression contre la Géorgie. Nous considérons que la direction russe, en ajoutant une tache sanglante supplémentaire sur la réputation du pays, rend définitivement inacceptable du point de vue moral son appartenance au G8.

Nous appelons l’Assemblée Générale de l’ONU, l’OSCE, l’APCE et les autres institutions internationales à étudier les agissements de la direction russe contre la Géorgie.

 

______________________________

Sergueï Kovalev, président de l’organisation russe « Mémorial », président de la Fondation Andreï Sakharov, et 19 autres défenseurs des droits de l’Homme russes (le 10 août 2008).

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