Le dernier éditorial du Meilleur
des mondes n’est pas passé inaperçu ! Il
visait à briser la caricature que certains journaux, pas toujours
bien intentionnés, dressent du Meilleur des mondes
en le qualifiant de « néoconservateur ». Dans cet éditorial,
nous rappelions que l’originalité de notre revue réside
justement dans le refus de toute étiquette politique et dans
la diversité des individus qui l’animent. Revenant sur la
guerre en Irak, nous dressions un constat nuancé mais
sévère des échecs de la stratégie américaine. Non pour
nous en féliciter, mais pour les déplorer. Notre éditorial a
suscité, comme nous le souhaitions, un débat salutaire au
sein de la rédaction du Meilleur des mondes.
Sept ans après le 11 septembre 2001 et à la veille d’un
changement d’administration à la Maison-Blanche, il faut
débattre du bilan et des perspectives de la « guerre contre
la terreur ». Cette question ne concerne pas seulement
l’Irak. Loin de là ! Elle fera l’objet d’un dossier extrêmement
approfondi du prochain numéro du Meilleur des
mondes, début octobre. Certains collaborateurs de notre
rédaction comptent parmi les meilleurs spécialistes de
géopolitique. Des personnalités extérieures à la revue
seront sollicitées. Sans attendre, nous avons lancé ce débat
sur notre site internet 1 et nous publions un premier texte
sur le sujet, signé Marc Weitzmann2.
Cependant, la « lutte contre la terreur » qui nous a rassemblés
au lendemain du 11 septembre 2001 est loin d’embrasser
à elle seule tous les problèmes de la planète. Parmi
les phénomènes nouveaux que nous devons appréhender
se situe notamment l’émergence de régimes qui ne
correspondent plus à la catégorie classique des totalitarismes
mais qui ne sont pas pour autant devenus des
démocraties. Tel est le cas de la Russie et de la Chine. Cette
dernière sera à l’honneur pendant les prochaines semaines.
Par-delà le « village Potemkine » que représente la cité
olympique, il nous faut tenter de connaître et décrypter
ce géant de 1,3 milliard d’habitants qui fascine et inquiète.
Quarante ans après sa Révolution culturelle, la Chine est
entrée dans la mondialisation capitaliste sans pour autant
que soit desserré l’étau du Parti communiste.
Paraphrasant l’un des plus célèbres recueils critiques de la
Chine maoïste, Révo cul dans la Chine pop, nous espérons
aujourd’hui une « Révo dém dans la Chine cap».
Mais le
chemin est long entre nos voeux et la réalité. Pour comprendre
la complexité de la Chine contemporaine, nous
ne pouvons avoir recours aux idées fossiles.
Association d’esprits libres, Le Meilleur des mondes continuerad’analyser, de critiquer le monde qui est le nôtre,
dégagé de tout a priori, de tout carcan idéologique.
Olivier Rubinstein, directeur
Michel Taubmann,rédacteur en chef
____________________ Notes
1. www.lemeilleurdesmondes.org.
2. Voir p. 19 de ce numéro.